Le n. 169 (2009) d'ArMen
propose, sous la plume de Thierry Jigourel, un article
intitulé :
Les jeux de force, entre société rurale et lien social
Long article
extrêmement documenté et illustré, il retrace l'histoire de ces jeux :
leur ancrage dans une société où la force humaine est primordiale, aux temps où
la mécanisation ne s'était pas encore imposée ; leur évolution vers la
"sportivisation", qui accompagne, en bonne logique, celle de toutes les
activités physiques au long du 20è siècle ; une mort lente... annoncée, si
l'on ne retrouve pas, autour de ces jeux, ce qui en faisait la qualité
essentielle : la vie sociale, au sein de laquelle ils se pratiquaient
"naturellement". Aussi naturellement que de chanter, de danser, de conter, de
manger, de boire... Ecoutez ce que racontait Manu Kerjean,
quand il évoquait les festoù-noz de sa jeunesse qui avaient lieu au village,
dans une ferme ou sous un hangar : "En général, il y avait cinq ou six
couples, chanteur et répondeur. D'habitude, on chantait d'abord fisel. Et quand
on avait chanté fisel : butun (tabac) pour chanter fañch. On n'était pas
les meilleurs pour chanter le fañch, parce qu'on avait déjà gagné le tabac pour
le fisel, donc, c'était un peu normal. Après le chant, tabac pour danser le
fisel. Il y avait plus de danseurs que de chanteurs ! Quand c'était jugé
pour les trois couches, on faisait kan a-boz : un a un dans les coins de
la maison, parce qu'on lançait ça bien, à pleine voix, ah oui, jusqu'à faire
trembler la maison !
Après, alors, il y avait le bazh-youd, avec un coq à gagner, sinon
c'était du tabac. Et enfin une danse ou deux et puis on rentrait à la
maison."
Manu Kerjean ramenait à son père le tabac gagné au fest-noz. Un jour il
présente quatre morceaux de tabac : un pour danser fisel, un pour chanter
à danser, un pour chanter a-boz... "Et le dernier ?" interroge la mère. "Pour
avoir tiré le bazh-youd", répond le jeune champion. (ce témoignage est tiré
de : Musique bretonne,
n. 205 (novembre-décembre 2008), p. 38-39)

"Le déroulement du projet s'est très bien
passé. Pendant que les enfants se réunissaient autour des
animateurs/accompagnateurs pour les explications de la Course au trésor, on
installait les affaires sous le chapiteau où avait lieu l'arrivée. En attendant
les groupes d'enfants, on préparait les contes et les petits cadeaux qui
allaient leur être distribués à la fin du parcours. A l'arrivée des enfants,
ils allaient soit dans le coin des 5/8 ans, soit dans celui des 8/12 ans étant
donné que les contes étaient différents même si les cadeaux étaient à peu près
les mêmes. Pendant la lecture des contes, les enfants participaient en essayant
de remplir les blancs avec la liste des mots qu'ils avaient trouvés tout au
long du parcours. A la fin chaque enfant tirait soit une boule noire qui
signifiait qu'il recevait un cadeau soit une boule blanche qui signifiait qu'il
recevait des bonbons.
Dans un décor de pierres et de pavés, on installe les jeux et l'on se met à
jouer : comme d'habitude, on aime s'évaluer, s'affronter, se mesurer; quoi
de mieux que la jauge du
Sur l'esplanade de l'Abbatiale,
au coeur de Paimpont, de 14 h à 18 h, La Jaupitre a
proposé découverte, initiation et challenges autour de 10 jeux traditionnels de
Bretagne...
Pour le Service Animation
Jeunesse de Saint-Malo, nous avons fait une animation dans
l'après-midi du 24 avril dernier autour de six jeux pour les enfants :
pousse-galoche,
Dans le cadre de ces 10 jours
d'animation tous azimuts, La Jaupitre proposait aux habitants du Pays
Rennais :
C'est maitenant que les jeux
bretons d'intérieur (jeux de veillées, jeux de cafés, jeux
d'après-repas...) trouvent leur place ! A découvrir...
Voici l'un des nombreux jeux de pâtous
(càd jeunes gardiens/gardiennes de troupeau) qui ont disparus avec cette
"catégorie socio-professionnelle". L'intitulé dit assez qu'il est directement
inspiré de l'activité qui était l'occupation principale de ces jeunes à une
certaine époque. Nous en avons recueilli deux témoignages, géographiquement
assez éloignés puisque l'un provient du "Pays de Redon" (marais) tandis que
l'autre se situe dans le "Pays de Montauban-de- Bretagne" (Nord de Rennes).
L'origine de ce jeu est une pure
supposition : il semblerait qu'il ait été pratiqué par les "pâtoux", ces
enfants chargés de garder les troupeaux dans le pays gallo et qu'il résulte de
deux gestes de travail qu'ils devaient maîtriser : l'un était la traversée
des haies qui bordaient chaque parcelle; l'autre, l'approche "en catimini",
silencieuse et discrète, des animaux.
Il s’agit d’une des multiples variantes du
jeu de palets, dont l’origine remonte à la nuit des temps. Ce jeu est
aujourd’hui plus particulièrement pratiqué en Pays Vendéen et en Pays Nantais.
A la différence des autres jeux de palet, il est conçu pour être joué en
intérieur. En effet, la planche en plomb est beaucoup plus petite que la
planche en peuplier de la version gallèse et les palets sont en laitons, donc
plus légers et de dimensions plus réduites. Ce jeu est caractéristique des jeux
d’intérieur que l’on trouvait ordinairement dans les cafés. Aujourd’hui, c’est
le billard, le flipper et les darts, question de mode...!
Variante typique de l’Ille -et- Vilaine et
des zones limitrophes de ce département, le palet sur planche est une des
multiples formes de ce jeu connu dans de nombreuses régions du monde, sans
compter les formes Bretonnes telles que le palet sur terre, le palet pontivyen
ou encore la galoche bigoudène. Sa principale caractéristique est sa
remarquable permanence puisqu’il s’agit d’un jeu encore très largement pratiqué
et diffusé (on peut l’acheter dans tous les magasins, de la grande à la petite
surface!). Son origine se perd dans la nuit des temps, même si l’usage de la
planche est récent: C’est, après la première guerre mondiale, les
bouleversements de l’environnement (notamment le pavage et le goudronnage des
rues et des routes) qui a conduit à utiliser cet ustensile, semble-t-il à
partir du plateau de la balance à peser les sacs de grain. Tel quel, ce jeu
constitue, en tous cas, un véritable signe de reconnaissance, d’identification
et même l’une des rares références communes pour tous les habitants
d’Ille-et-Vilaine.